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Le monde dans un tableau sera diffusé aux horaires suivants (des spoilers peuvent apparaître) :
Peint en 1807 à Rome, alors que Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) était pensionnaire à la Villa Médicis, le Portrait de madame Duvaucey, aujourd'hui exposé au château de Chantilly, représente la maîtresse du baron Alquier, ambassadeur de France au Vatican. La jeune femme porte à l'index gauche une bague sertie de diamants, témoignage de son appartenance à la nouvelle élite conquérante forgée sous Napoléon Ier. Mais d'où viennent ces pierres précieuses ? Et que nous apprend ce détail en apparence anodin sur l'art de Jean-Auguste-Dominique Ingres, figure majeure du néoclassicisme et de l'orientalisme, qui s'autorisait à trahir la réalité pour mieux toucher la perfection ? Monde secret Après Le chapeau de Vermeer, Le piment de Velázquez et Le peigne du Caravage, ce nouvel épisode de la collection "Le monde dans un tableau", raconté par François Morel, décrypte les dynamiques politiques, économiques et sociales qui ont conduit les gemmes jusqu'au doigt du modèle. Foisonnant d'anecdotes, le documentaire plonge dans les fastes de la noblesse d'empire, éprise des symboles d'un Orient rêvé, remonte la piste des diamants jusqu'en Inde - le seul pays au monde à exploiter des mines jusqu'au milieu du XVIIIe siècle - et met en lumière les appétits suscités par ces richesses, sur fond d'échanges commerciaux et de visées coloniales des puissances européennes. Point d'entrée dans l'œuvre d'Ingres, le Portrait de madame Duvaucey nous ouvre ainsi les portes d'un monde secret : celui des diamantaires, de la place Vendôme à Paris, capitale de la haute joaillerie, jusqu'à Anvers en passant par les mines indiennes de Golconde. Avec le concours d'intervenants divers - responsables de la maison Chaumet, chercheurs de diamants en quête de fortune, tailleur de pierres précieuses, experte en minéralogie… -, une enquête picturale captivante, tissée de désirs, de légendes et de drames.
En 1657, Johannes Vermeer peint le tableau "L'officier et la jeune fille riant". Il représente un homme de dos conversant avec une jeune femme. Un élément dans ce tableau attire le regard : l'immense chapeau que porte l'officier. Pour en arriver à ce que la main de l'artiste inclue ce feutre démesuré, il aura fallu des inventions, des découvertes, des rencontres, des drames et quelques crimes : l'histoire de la naissance d'échanges autour du globe par un peuple hollandais passionnément épris de commerce. Nicolas Autheman revient aux sources de cette mondialisation à travers ce chapeau peint par Vermeer, un feutre de castor dont la quasi-disparition en Europe poussa les marchands néerlandais à se tourner vers les États-Unis.
C'est l'une des pièces maîtresses de la collection de la Courtauld Gallery à Londres - et l'un des tout derniers tableaux peints par Édouard Manet, qui l'achève en 1882, quelques mois avant sa mort prématurée. Un bar aux Folies-Bergère est l'une de ces scènes de vie parisienne si prisées par le Groupe des Batignolles, dont fait partie l'artiste dandy : debout au centre de la composition, une serveuse blonde, Suzon, regarde au loin, l'air absent. Sur le comptoir devant elle, des bouteilles de champagne et de bière, qui traduisent la diversité du public de ce lieu de nuit festif, où bourgeois et prolétaires s'encanaillent de concert. À l'arrière-plan, un grand miroir renvoie un reflet étrangement décalé. La lumière y est blanche, crue, comme en plein jour : elle émane de globes ronds comme des pleines lunes - d'extraordinaires lampes électriques, parmi les toutes premières de l'histoire. "Monde flottant" C'est l'histoire d'un tableau qui raconte la fin d'un monde et le début d'un autre. Dans cette enquête artistique, narrée avec malice par le comédien Vincent Dedienne, on entre dans la composition par le détail des lampes, qui à elles seules racontent l'incroyable basculement dans la modernité qu'est l'invention, en cette fin de XIXe siècle, de la lumière électrique. En se penchant sur cette technique révolutionnaire, l'investigation suit les expérimentations de Thomas Edison et nous emmène jusqu'au Japon. Le pays, qui s'ouvre alors pour la première fois au reste du monde, lui offre à la fois le précieux filament en bambou des ampoules à incandescence, et une esthétique qui laissera dans l'art occidental une trace indélébile. Et si l'étrange posture de la jeune serveuse de Manet traduisait ce "monde flottant", représenté dans les estampes d'Hokusai ou d'Hiroshige ? Un voyage aussi passionnant qu'inattendu à travers les siècles et les continents, nourri par les perspectives de nombreux intervenants - un éclairagiste des Folies-Bergère, des moines shintô, une éditrice d'estampes à Tokyo, un ancien mineur du Nord-Pas-de-Calais…