À quelle heure passe L'empire Erdogan ce soir ? Retrouvez l’horaire de diffusion, la chaîne TV et les prochaines diffusions.
L'empire Erdogan sera diffusé aux horaires suivants (des spoilers peuvent apparaître) :
En deux décennies, le Premier ministre puis président turc Recep Tayyip Erdogan, d'abord figure encensée à l'Ouest pour ses promesses d'ouverture, notamment économique, et sa bienveillance envers l'UE, est devenu le mouton noir de l'Otan, aussi bien pour sa dérive autoritaire que pour sa dissidence au sein de l'Alliance atlantique. Originaire d'un quartier populaire d'Istanbul, il s'engage au milieu des années 1970 dans une formation islamiste, le Parti du salut national, dissoute en 1981. Sous les couleurs du nouveau parti islamiste du Refah (ou "bien-être"), il est élu maire d'Istanbul en 1994. En 2001, il fonde l'AKP, le Parti de la justice et du développement, formation islamiste dont le succès le porte deux ans plus tard à la tête du gouvernement.
Alors que la répression brutale au parc Gezi entérine l'autoritarisme du régime turc, Erdogan bataille en sous-main sur un deuxième front : une lutte sourde l'oppose à son ancien allié, l'imam Fethullah Gülen, fondateur d'un mouvement dont les membres sont présents partout au sein de l'appareil d'État, notamment dans l'armée, la justice et la police. En 2016, deux ans après son élection à la présidence, Erdogan accuse Gülen et ses partisans d'avoir fomenté la tentative de coup d'État militaire qu'il est parvenu à déjouer. Devenu intouchable, grâce entre autres à la réforme constitutionnelle de 2007, qui a renforcé l'exécutif en instaurant un régime présidentiel, il organise une purge massive qui signe la fin du mouvement Gülen en Turquie. Militaires, policiers, juges, mais aussi journalistes, enseignants, intellectuels... : près de 20 000 personnes sont arrêtées. Cette dérive autoritaire sans précédent s'accompagne d'une mainmise presque totale sur la police et les médias. Accroissant son emprise sur la société turque, Erdogan profite de ses pouvoirs exponentiels pour faire emprisonner Selahattin Demirtas, coprésident du HDP prokurde, qu'il accuse de soutenir le "terrorisme" du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, interdit). En 2018, il s'allie au Parti d'action nationaliste, situé à l'extrême droite, pour se faire réélire à la présidence. Le scrutin du 14 mai sera-t-il celui de trop pour Recep Tayyip Erdogan, pour l'instant donné battu dans les sondages ?